L’Europe au quotidien : 3 questions à Gilbert Meyer, maire de Colmar

Pour mieux comprendre le travail réalisé entre les collectivités et l’Union Européenne, l’Association Villes de France a interrogé plusieurs de ses élus. Après Saint-Quentin, direction aujourd’hui la ville de Colmar dans le département du Haut-Rhin. Trois questions à Gilbert Meyer, maire de Colmar, président de la CA de Colmar et vice-président de Villes de France.

Qu’apporte l’Europe quotidiennement à votre ville ?

Nous avons travaillé des dossiers à l’échelle européenne, par exemple en matière de développement durable en adhérant à la convention des Maires en 2010. Cela permet une émulation avec les autres villes et collectivités européennes ainsi qu’un échange de bonnes pratiques. L’exemple de la Ville de Colmar a été d’ailleurs repris dans le guide de référence du reporting de la Convention des Maires avec 3 autres villes : Tallinn, capitale de l’Estonie (412 000 habitants), Gaia au Portugal (303 000 habitants) et Vaxjo en Suède (87 000 habitants). La Ville de Colmar a été la seule ville française citée. L’Europe permet d’envisager des projets avec d’autres collectivités européennes. C’est un facilitateur, une ouverture vers les autres pays. L’Europe est un territoire au sein duquel nous pouvons assurer facilement notre promotion. Au niveau attractivité, la Ville de Colmar vient d’être portée sur le podium des plus belles destinations européennes (concours « European best destination »).

En tant qu’élu local, quelles sont vos attentes vis-à-vis des institutions européennes ?

Les processus pourraient être simplifiés, notamment les demandes de financement. La complexité effraie et beaucoup hésitent avant de se lancer au vu du temps qu’il faudra passer pour monter les dossiers. De manière générale, une partie de la frustration à l’égard de l’Union Européenne trouve sa source dans la complexité des institutions européennes et le rythme des procédures. Le processus décisionnel européen doit gagner en efficacité et en rapidité. Les députés européens pourraient jouer un rôle clé à cet effet.

Pourquoi faut-il sauver les fonds européens pour toutes les régions ?

Les fonds européens permettent de financer des projets, souvent sans proximité avec les besoins locaux. Les fonds Feder et Feader sont gérés par la Région ce qui facilite le montage de projet. C’est le cas du plan climat du Grand Pays de Colmar financé de 2010 à 2017. Les fonds Interreg incitent à monter des projets avec les pays frontaliers. C’est le cas pour le projet Ile du Rhin à Volgelsheim. Les contraintes imposées au porteur du dossier sont difficiles. Des appels à projets incitent les villes à travailler et à s’ouvrir aux autres villes européennes. Ainsi, la ville de Colmar a lancé un appel à partenariat pour son projet des Dominicains (Europe Creative). Les fonds européens permettent ainsi ce lien entre les villes européennes qu’il serait inquiétant d’arrêter. L’Europe doit contribuer à réduire les inégalités entre les Etats, mais aussi à l’intérieur des Etats. Les régions d’un pays comme la France ne doivent pas être oubliées. Enfin, la politique de cohésion est la plus visible « pour les gens », la plus concrète. Il s’agit là d’un argument de poids face à la montée des mouvements anti-européens. Pourtant lors des élections nationales, voire récemment avec l’Italie, l’Europe n’est pas comprise et son rejet se dessine facilement dans l’opinion.

Valentin Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également élu local, adjoint au Maire de St Lô adjoint en charge de la stratégie et du marketing territorial.

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