Semaine de l’IA pour tous : 1 178 événements pour faire de l’intelligence artificielle une opportunité citoyenne

La Semaine de l’IA pour tous c’est, concrètement, 1 178 événements gratuits, 600 organisations mobilisées, 52 partenaires nationaux. Portée par la Mednum, elle s’est appuyée sur un réseau d’acteurs de terrain qui accompagnent depuis des années les Françaises et Français éloignés du numérique. Leur mission : faire de l’intelligence artificielle une opportunité pour tous, sans laisser personne au bord du chemin. Car l’enjeu est de taille. Alors que l’IA s’impose dans tous les pans de la société ; du travail à l’école, sans oublier les services publics ; le risque d’une nouvelle fracture numérique est réel. Paroles d’Élus était présent ce mardi dans les locaux du groupe La Poste pour le lancement officiel de cette semaine.
Une semaine née d’un double constat
L’idée ne s’est pas imposée d’elle-même. Jan Büscher, de la MedNum, l’explique sans détour : il y avait d’un côté l’ambition politique du sommet de l’IA pour tous, de l’autre une réalité de terrain méconnue. Les acteurs de la médiation numérique travaillent depuis des années. Pourtant, ils restent souvent dans l’ombre. « Ces acteurs-là doivent être rendus plus visibles. On doit leur donner la reconnaissance qu’ils méritent pour ce travail qu’ils mènent parfois depuis de nombreuses années, dans des conditions parfois difficiles. » L’objectif est donc double : valoriser ces professionnels et mettre leur expertise au service de tous les publics.
600 organisations, 1 178 événements gratuits
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En seulement deux jours, la mobilisation dépasse les attentes. Rémi, animateur de ce rendez-vous, détaille : 52 organisations nationales ont rejoint la semaine, 600 structures participent au total, et ce sont 1 178 événements locaux, ouverts gratuitement au public, qui ont été recensés dès le premier soir. La société civile s’est rassemblée dans toute sa diversité : 26 % d’associations, 23 % d’entreprises, 21 % de collectivités territoriales, 8 % d’établissements scolaires. Par ailleurs, 120 retombées de presse ont été enregistrées dès la première demi-matinée. Le signal est clair.
Orange, LinkedIn, Éducation nationale : des engagements concrets
Les partenaires ne se contentent pas d’afficher un logo. Chacun apporte en effet sa pierre à l’édifice. Lors du lancement officielle ce mardi, une table ronde a d’ailleurs permis de découvrir plus en détail comment cet engagement se concrétise. Cathy Excoffier, directrice déléguée RSE d’Orange France, pose trois conditions non négociables : « Il ne peut pas y avoir d’IA sans réseau et sans infrastructures sécurisées. Il ne peut pas y avoir d’IA sans accompagnement aux usages. Et il ne peut pas y avoir d’IA sans cadre éthique et de responsabilité. » Orange a formé 55 000 collaborateurs à l’IA au niveau groupe, dont 26 000 en France, et s’est engagée à accompagner 2 millions de personnes d’ici 2030. De son côté, Mirek Pospisil de LinkedIn souligne que le changement observé sur le marché du travail est structurel : « C’est moins la disparition des métiers, mais c’est plus la façon dont les différents métiers sont exercés. » Enfin, le ministère de l’Éducation nationale porte une double ambition : enseigner sur l’IA et par l’IA.
La confiance, condition première d’un usage responsable
C’est la question qui structure le débat. Murielle Lavelle-Cassano, du ministère de l’Éducation nationale, analyse les résultats du vote participatif du matin : « vous avez massivement placé la protection des données personnelles et la fiabilité des données en tête de leurs critères de confiance. » En revanche, la méthode explicable, pourtant au cœur du débat sur les boîtes noires , a peu mobilisé. « La plupart des modèles d’IA générative, la méthode n’est pas expliquée. On vous donne un résultat. » Elle rappelle l’exemple de ChatGPT qui, une semaine après la mort du pape, donnait encore le nom de son prédécesseur comme pontife en exercice. La donnée fiable, qualifiée, vérifiable : voilà ce qui fonde la confiance réelle.
La Ligue de l’enseignement : entre cadre et exploration
Mathieu Muselet, responsable du pôle numérique confédéral de la Ligue de l’enseignement, refuse l’opposition entre norme et liberté. Son réseau, présent dans 102 départements, avance sur deux fronts simultanément. D’un côté, produire de la norme pour sortir des usages cachés ; ce que les Anglo-Saxons appellent le « shadow IA ». De l’autre, laisser aux initiatives locales une vraie capacité d’expérimentation. « Dans nos organisations, on a des petits génies partout, dans des tiers-lieux, dans des fablabs, dans des lieux éducatifs, qui vont aussi explorer du côté de nouvelles formes. » Ainsi, la semaine a déjà généré des collaborations inédites, notamment entre la Ligue et les Compagnons du Devoir.
Une dynamique qui dépasse la semaine
C’est peut-être l’ambition la plus forte de ce dispositif. Il ne s’agit pas d’un événement ponctuel. Jan Büscher l’a d’ailleurs clairement formulé en fin de matinée : « Faisons rencontrer ces deux mondes pour que, même au-delà de cette semaine, ils se soutiennent et travaillent ensemble à faire de l’IA une opportunité pour tout le monde. » Mathieu Muselet abonde en ce sens, notant que cette initiative évite la fracture observée en 2017-2018 lors du déploiement des services numériques publics. Cette fois, les acteurs de terrain sont dans la boucle dès le départ. C’est là, sans doute, la vraie nouveauté.»
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