[Redynamisation] « Bouge ton coQ » comme jamais

« Bouge ton coQ ». Avec un nom comme celui-là, difficile de passer inaperçu. Ajouter à cela des projets à la pelle et une créativité digne des meilleurs agences de la capitale et vous comprendrez facilement le succès de ce mouvement citoyen et solidaire. Dernière aventure en date, Bouge ton coQ s’allie à deux entreprises du e-commerce afin d’accompagner  l’ouverture de 2.000 épiceries associatives en zone rurale.

Un projet made in Auvergne

Souvenez-vous. A l’occasion du 89ème Congrès des Départements de France à Bourges du 16 au 18 octobre 2019, Paroles d’Elus avait pu rencontrer l’un des fondateurs de Bouge ton coQ, Emmanuel Brochot. Avec son frère Christophe, ces deux auvergnats d’origine ont d’abord roulé leur bosse en créant d’abord leur propre agence de communication avant de donner vie à un projet électrique.

Une plateforme pour les ruraux

Baptisé, vous l’aurez compris, Bouge Ton Coq est un mouvement citoyen et solidaire… qui veut du concret. C’est pourquoi, il s’appuie sur « la première plateforme de dons pour financer l’intérêt général dans les villages qui réunit les citoyens, les pouvoirs publics et les entreprises ».

 

Déjà mobilisés pendant le 1er confinement

Durant le confinement, les deux compères avaient déjà eu l’idée de proposer à l’AMRF un partenariat afin de défendre les petits cafés de nos villages. L’idée mérite d’être rappelée. Il était possible d’offrir une « tournée virtuelle » depuis la plateforme. Les sommes ainsi collectées ont permis d’alimenter un fonds d’urgence pour les commerçants, les artisans et les petits producteurs des villages.

Un nouveau défi à relever

Près de 80% des villages de moins de 3.500 habitants n’ont plus un seul commerce. Si la plupart d’entre nous somme fatalistes face à ce constat, Bouge ton coQ y voit un nouveau défi à relever… et de taille. L’objectif est en effet d’accompagner l’ouverture de 2000 nouvelles épiceries participatives aux quatre coins et recoins de l’hexagone. Pour y arriver, Christophe et Emmanuel Brochot viennent de réunir autour de la table, Mon Epi, une structure associative de l’Economie Sociale et Solidaire, et deux acteurs du e-commerce : Mondial Relay, société filiale qui propose des services de livraison aux particuliers en Point Relais® et Showroomprivé, acteur de la vente événementielle en ligne.

35 contributeurs

Vous trouvez cela complétement fou ? Si Bouge ton coQ y croit pourtant dure comme fer c’est que ce projet se base sur un modèle économique qui a du sens et … de l’avenir. En effet, une somme unique de 2.000 euros d’amorçage est nécessaire pour l’ouverture d’une épicerie. Sachant qu’il faut en général seulement 35 contributeurs pour y arriver, c’est donc « seulement » au total 70.000 personnes qu’il faut convaincre pour atteindre les 4 millions d’euros de financement calculés.

Des circuits ultra courts

Les atouts des épiceries « Mon Epi » sont nombreux. Il y a tout d’abord la proximité. On vie en effet le circuit ultra court avec 75% de produits provenant de “petits-producteurs” situés à moins de 15 km de chaque épicerie. Ajouter à cela, et c’est tout le paradoxe, des prix ultra compétitifs, allant en général de « 15 à 30% moins chers qu’ailleurs puisque la marge distributeur est supprimée ».

Plus qu’une épicerie

Car oui, plus qu’une épicerie, ce qui ne serait déjà pas mal, avouons-le, chaque Mon Epi est « un véritable lieu de vie qui contribue activement au lien social au sein du village ». D’autres activités peuvent s’y joindre selon les envies locales ; coin lecture, espace numérique, fablab…

La barre des 100 premières bientôt franchies

L’AMRF qui soutient cet évènement, se réjouit des premiers résultats. En effet, en à peine 4 mois, 50 épiceries rurales ont déjà pu ouvrir et 45 le feront bientôt. Et grâce à ces retours positifs, les nouveaux candidats se multiplient. Ainsi,  « une centaine de villages ont manifesté leur souhait de se lancer à leur tour ».

Valentin
Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences et les innovations venues des territoires. Valentin est également conseiller municipal à Saint-Lô en Normandie.

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