[Friche et Numérique] Plus d’une corde à l’Artilec de Toulouse

Allées Maurice Sarraut, au Sud-Ouest de Toulouse. Le bâtiment est peu visible depuis la route. Une fois le passage à niveau franchi, il suffit pourtant de s’aventurer sur quelques mètres pour tomber face à un grand bâtiment en tôle. Un des derniers vestiges industriels du quartier. Dans la cour au macadam bien abîmé, on trouve encore quelques structures en bois de la dernière édition du festival des Fablab. Organisé en mai dernier durant 4 jours, il a rassemblé tous les FabLab du réseau…

« association et laboratoire de fabrication »

…A l’intérieur, nous sommes accueillis avec un grand sourire par Philippe Semanaz, l’un des FabLab Manager du lieu. Malgré un programme chargé et notre arrivée non prévue, il accepte de prendre un peu de temps pour nous faire visiter ce lieu unique qui porte le nom  d’Artilect ; « c’est une association et c’est aussi un laboratoire de fabrication destiné au grand public et aux écoles. On y croise des artistes, professionnels, toutes les personnes qui ont envie de fabriquer quelque chose ». Il s’agit du premier Fablab ayant ouvert en France, dès 2009. « Au début, on a démarré dans une cave ». Cette initiative, on la doit Nicolas Lassabe, aujourd’hui encore président de l’association. « En rentrant d’une expérience professionnelle aux Etats-Unis, il a eu l’idée de rassembler des passionnés de l’électronique et de fabrication dans un lieu qui ressemblait à une petite salle de cours. Il a proposé de rassembler en un endroit toutes les compétences dans le domaine de la fabrication numérique, du code en un lieu. L’idée a plu à la mairie de Toulouse qui nous a trouvé un petit local. On a débuté avec trois machines, une découpeuse laser une fraiseuse et une petite imprimante 3D. D’une vingtaine de personnes passionnés, électroniciens, enseignants, l’asso a grossi progressivement ».

Plus de 800 personnes y passent régulièrement

A peine 3 ans plus tard, en 2012, le Fablab a déménagé dans son lieu actuel. Il s’agit d’une ancienne friche de 2000m2 dont elle occupe environ 400 m2. Aujourd’hui, plus de 500 personnes sont adhérentes et plus de 800 personnes y gravitent pour des projets plus ou moins long. Depuis le début de l’aventure, plus de 4000 personnes ont pu bénéficier du FabLab.

Usages et connaissances toujours en évolution

A Artilec, rares sont les semaines où des curieux (comme nous) ou des porteurs de projets ne franchissent pas la porte ; « bien évidemment, des personnes viennent regarder notre manière de fonctionner, les rôles de chacun et plus globalement toutes les bonnes idées afin d’ouvrir par eux même un petit frère d’Artilect dans leur ville ou village. Avec les 10 ans de pratiques, on a pu tester beaucoup de chose et on a une petite idée de ce qui fonctionne plus ou moins bien » résume Philippe Semanaz. Est-ce que le public a changé depuis l’ouverture ? Sans nul doute. « Les premières années, quand de nouvelles personnes arrivaient chez nous, elles ne connaissaient même pas le nom des machines. Maintenant, avec l’essor des tutoriels, les personnes arrivent avec des questions très poussés : pour mon projet, il vaut mieux choisir du PLA ou de l’ABS ? (NDLR: deux types de fil utilisés dans les imprimantes 3D). Le niveau a réellement monté et souvent les gens viennent avec une idée préconçue de ce qui est faisable et ont déjà vu des choses réalisées ».

Comment décloisonner notre société ?

Entre une découpeuse laser et une imprimante 3D, Philippe Semanaz nous présente une journée type au FabLab : « Le plus souvent, la matinée est réservée à de l’accueil de groupes. Ils peuvent venir de fac, ou d’écoles afin d’imaginer dans un premier temps ce qu’il est possible de faire ici et puis après de réaliser leurs projets. L’après-midi est plutôt réservé aux membres actifs. Le soir est ouvert aux bénévoles qui viennent réaliser leur projet selon des sections différentes. Il y a par exemple la section électronique, biofablab, design ». Beaucoup de propositions sont organisées ici toute l’année et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne manquent pas place. Accolé au FabLab, un grand Hall permet d’accueillir les différents projets. Elle évolue au gré du temps et des besoins. Lors de notre passage, il y avait notamment une volière pour drones, des ateliers d’artistes ainsi qu’un espace dédié à la de construction de caravane FabLab … « décloisonner notre société », le pari du fondateur est visiblement gagné…

Valentin Goethals
Valentin
Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également élu local, adjoint au Maire de St Lô adjoint en charge de la stratégie et du marketing territorial.

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