Cybercriminalité organisée : quand la pègre prend ses quartiers dans le cyberespace

Le 6 mai prochain, le petit-déjeuner INCYBER réunira magistrats, militaires et experts du secteur privé autour d’un constat qui s’impose : la criminalité organisée a muté. Elle opère désormais depuis le darkweb, se paye en cryptoactifs et frappe dans le monde physique. Un tournant que praticiens et décideurs ne peuvent plus ignorer.
Une Cybercriminalité organisée et hybride qui brouille toutes les frontières
Le temps où cybercriminalité et grand banditisme évoluaient en silos est révolu. Les organisations criminelles exploitent aujourd’hui l’intégralité des ressources du cyberespace : marchés du darkweb, data leaks massifs, cryptoactifs pour blanchir les gains. Le résultat s’observe dans le monde réel, enlèvements, actes de violence, rackets, mais le mode opératoire emprunte les autoroutes du numérique. Cette hybridation redessine le visage de la criminalité la plus grave et oblige les institutions à repenser leurs méthodes en profondeur.
La section J3 du parquet de Paris, fer de lance de la riposte judiciaire
Lucile de Maublanc sera l’une des intervenantes du 6 mai. Magistrate à la section J3 du parquet de Paris, elle travaille au cœur de ce basculement. Sa section a récemment engrangé des succès notables dans des affaires où le numérique s’imbrique au pénal classique. Ainsi, démontrer des flux en cryptomonnaies ou exploiter des données issues de fuites relève aujourd’hui du geste courant. Son intervention éclairera un point clé : le numérique n’est plus périphérique dans le raisonnement judiciaire, il en est le centre.
Gendarmerie et police nationales : adapter la doctrine face à la Cybercriminalité organisée
Deux autres intervenants incarnent la dimension opérationnelle du sujet. Le colonel Pascal Peresse dirige la division des opérations de l’Unité nationale cyber de la Gendarmerie nationale. La lieutenante-colonelle Sophie Lambert, elle, œuvre au COMCYBERMI, au sein de la Division Connaissance Anticipation et Gestion des Crises. Ensemble, ils portent au quotidien la charge d’une riposte qui doit s’adapter vite. Car les groupes criminels maîtrisent mieux que jamais les outils de discrétion numérique. Comme l’alertait le Général Watin-Augouard dans l’interview donnée à Paroles d’élus le 3 avril dernier, « l’IA pénètre tous les espaces, y compris celui des attaquants » . Anticiper, renseigner, coordonner : voilà les trois piliers que ces officiers défendront le 6 mai.
Le secteur privé, allié incontournable de la défense
Face à des adversaires qui industrialisent leurs attaques, l’action publique seule ne suffit plus. François Deruty, Chief Intelligence Officer chez Sekoia, sera également à la table des intervenants. Il représente cette intelligence privée du renseignement cyber qui alimente désormais les enquêtes et nourrit l’anticipation. La coopération public-privé n’est plus un vœu pieux : elle devient une nécessité opérationnelle. Les entreprises spécialisées détectent, tracent et analysent des signaux que les institutions, contraintes par leurs périmètres légaux, ne peuvent recueillir seules. Son regard croisé avec celui des représentants de l’État promet des échanges concrets sur les conditions d’une coopération efficace.
Un tournant historique qui appelle un sursaut collectif
INCYBER avait fait de la cybercriminalité « la criminalité du XXIe siècle » dès sa première édition en 2007. Le diagnostic était prémonitoire. Vingt ans plus tard, l’industrialisation est là : les prédateurs scalent leurs opérations, automatisent le ciblage des victimes et mutualisent leurs infrastructures. Le petit-déjeuner du 6 mai prochain, en réunissant autour d’une même table ces intervenants de premier plan, vise à transformer la prise de conscience en action. Car face à une pègre qui a adopté le télétravail, la riposte ne peut plus être fragmentée.
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