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    L'actu des associations

    Vœux des Départements de France : « On rentre dans le mur », alerte François Sauvadet

    Lors des vœux de l’Association des Départements de France au siège de la Banque Postale, François Sauvadet a dressé de nouveau un constat alarmant de la situation financière des collectivités départementales. Le président de l’ADF réclame un financement pérenne des compétences transférées par l’État et appelle à la responsabilité de tous les acteurs pour sortir de l’impasse budgétaire. Des messages forts mais qui rappellent, peu ou prou, ceux déjà transmis par le passé…

    Un constat sans appel : 60 % des départements en grande difficulté

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « 60 % de nos départements sont en grande difficulté, 60 %, et maintenant, croyez-moi, on rentre dans le mur », a déclaré François Sauvadet. Devant lui, personne ne semblait étonné. L’ensemble des Présidents de Départements présents vivent en effet au quotidien cette réalité. Cette situation critique se traduit par une chute drastique des investissements départementaux, en baisse de 10 %. « Des projets politiques pour les Français sont reportés ou abandonnés », a-t-il déploré.

    Le président de l’ADF a pointé du doigt l’asphyxie budgétaire provoquée par l’explosion des dépenses sociales. « Les dépenses sociales, comme elles sont aujourd’hui, représentent 60 à 70 % du budget », contre à peine 50 % il y a quelques années. Cette évolution laisse seulement 30 % des budgets pour l’ensemble des autres missions. « Il ne reste plus que 30 % de nos budgets pour entretenir nos 380 000 kilomètres de routes départementales, la sécurité civile, nos 5300 collèges (…) la pérennité des laboratoires départementaux, la culture, etc. », a listé François Sauvadet.

    Protection de l’enfance et vieillissement : des urgences sans réponse

    « Je pense en premier à la protection de l’enfance. C’est probablement le sujet le plus difficile que nous ayons à vivre », a souligné le président. Malgré le rapport porté par Isabelle Santiago et le travail accompli, les départements se sentent isolés face à cette responsabilité. « Personne n’est venu à la rencontre de la situation », a regretté François Sauvadet.

    Le mur du vieillissement constitue un autre défi majeur. Les dépenses du handicap explosent. Les départements ont accompagné pendant toutes ces années leurs concitoyens dans des situations extrêmement difficiles. « Toutes ces dépenses sont légitimes », a reconnu le président. Mais la vraie question reste posée : « La soutenabilité du système. Comment agir mieux, comment être plus efficace pour les Français ? »

    La fin des transferts de charges non compensées

    François Sauvadet a martelé mercredi soir une exigence fondamentale. « Il faut vraiment mettre un terme à cette pratique qui vise à confier aux départements des responsabilités qui ne sont pas financées », a-t-il affirmé. Cette revendication a constitué, somme toute,  le cœur de son message aux pouvoirs publics. Les départements ne sont pas que la collectivité du social. « C’est au cœur de l’action des familles, pour les Français », a-t-il rappelé.

    Une aide d’urgence insuffisante malgré 600 millions d’euros

    Peut-être le seul point positif relevé cette soirée, François Sauvadet a salué « le travail des parlementaires » qui ont voté 600 millions d’euros de soutien. Ces fonds permettront « dans certains départements d’éviter la faillite immédiate ».  Mais cette enveloppe ne règle pas le problème de fond. « Permettez-moi de venir de plus loin », a-t-il lancé. Et le président de poser alors  une question cruciale à l’ensemble de la société française : « Comment l’État, qui n’a plus d’argent, peut-il assumer cette charge alors qu’il est déjà dans l’incapacité de (nous) accompagner ? »

    Décentralisation : des conditions préalables non négociables

    Comme évoqué dans des articles précédents, le Premier ministre propose d’engager une réflexion sur la décentralisation. Si les départements sont prêts à participer, François Sauvadet pose une condition préalable au nom de tous les présidents départementaux. « Toute charge nouvelle sur les départements doit être évaluée et faire l’objet d’un financement robuste, pérenne et évolutif. »

    L’ADF avait proposé une part de CSG pour financer les dépenses sociales. « On s’est fait rejeter, on n’a absolument rien eu », a regretté le président. Pour lui, le message est clair : « Rien ne sera transféré aux départements » tant que la situation ne sera pas réglée. « Si la situation continue, je le dis, il faut qu’il y ait une chance qu’on avance », a-t-il insisté.

    Pourtant, les départements ont démontré leur capacité à agir. « On a montré notre capacité à faire, nous pouvons faire encore plus », a affirmé François Sauvadet. Ils constituent « une strate de proximité » essentielle, « à bonne distance » des citoyens. « Nous sommes capables de piloter et d’accompagner des systèmes complexes », a-t-il souligné.

    Le rendez-vous des assises des départements d’octobre prochain permettra de présenter clairement les attentes des collectivités. « Ce sera pour les Français une vision claire », a promis le président. En attendant, François Sauvadet continue d’appeler à une réponse urgente de l’État face à une situation qui ne peut plus attendre.