La Nouvelle-Aquitaine voit loin pour les tiers-lieux

L’âge d’or des tiers-lieux est-il derrière nous ? En juin 2019, Jacqueline Gourault, alors ministre des Collectivités locales, avait lancé un plan de 45 millions d’euros pour soutenir la création de tiers-lieux en France. Baptisé « Nouveaux lieux, Nouveaux liens », ce plan a initialement soutenu 80 projets. En juillet 2023, on en comptait plus de 3 500. Aujourd’hui, nombreuses sont les structures de ce type à s’interroger sur leur devenir, face à une équation budgétaire de plus en plus complexe à résoudre. La Région Nouvelle-Aquitaine, en votant une nouvelle stratégie justement dédiée aux tiers-lieux, envoie à toutes ces structures un signal très positif. L’objectif ? Parfaire le maillage territorial et consolider les initiatives existantes.
Un maillage déjà territorial dense
Deuxième région française en nombre de tiers-lieux après l’Île-de-France (l’essentiel étant à Paris), la Nouvelle-Aquitaine reste la première en termes de maillage territorial. La collectivité peut en effet se targuer d’avoir vu naître un réseau dense de 250 tiers-lieux, dont 76 % sont implantés en milieu rural. Sur ce nombre, plus de la moitié ont été soutenus par la Région depuis l’ouverture de son dispositif d’aide (Appel à manifestation d’intérêt Tiers-lieux) en 2012. Le nouvel objectif pourrait se résumer ainsi : « garantir qu’aucun citoyen ne soit à plus de 20 minutes d’un tiers-lieu ».
20 projets chaque année
Pour atteindre cet objectif, la collectivité précise ce mardi 18 mars que « l’objectif est de soutenir environ 20 projets de tiers-lieux par an », mobilisant un budget régional de près de 700 000 euros annuellement. Ce maillage territorial permet de répondre aux besoins locaux tout en favorisant l’inclusion et la cohésion sociale.
Partenariat stratégique
Au cœur de cette dynamique, on trouve un partenariat déjà ancien entre la Région et la Coopérative Tiers-Lieux. Ce dernier joue un rôle crucial dans la structuration du paysage régional, l’accompagnement des porteurs de projets et l’adaptation des politiques régionales. Et la Région de préciser : « Avec la Coopérative Tiers-lieux, après plusieurs années de conventions annuelles et en raison de la dynamique de coopération entre la Région et la Coopérative, il a aussi été acté une évolution de leur relation contractuelle, via un accord-cadre 2025-2028 qui permet d’expliciter une vision commune et des objectifs partagés en faveur des tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine ».
Des initiatives solidaires et écologiques
Outre leur nombre, les tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine ont aussi pour particularité de se distinguer par leur engagement en faveur de l’environnement et des pratiques solidaires. Ces derniers temps, on observe que des initiatives solidaires et écologiques se multiplient dans les tiers-lieux, afin « de rompre l’isolement, favoriser la mixité et expérimenter de nouvelles formes de travail, de production et de consommation, plus respectueuses de l’environnement et des personnes ».
Accélérer la relocalisation
De plus en plus de tiers-lieux de production relocalisent la fabrication, revalorisent les savoir-faire locaux et développent le réemploi. L’essor de la vocation agricole et/ou alimentaire des tiers-lieux est également à noter. Les tiers-lieux nourriciers permettent d’expérimenter de nouvelles pratiques agroécologiques et contribuent à renforcer l’autonomie et la justice alimentaire des territoires.
Innovation sociale et santé : une nouvelle approche
Le communiqué précise également que les actions menées par les tiers-lieux sont nombreuses, avec un intérêt grandissant pour le prisme « santé ». À la fois espaces « complémentaires aux cabinets médicaux, lieux de réconfort pour les proches aidants et lieux d’innovation sociale, les tiers-lieux ouvrent un nouveau regard sur la santé mentale et physique, et sur la relation soignant/soigné ».
Stratégie tiers-lieux : défis pour 2025-2028
La stratégie régionale pour 2025-2028 vise à finaliser le soutien à la création de tiers-lieux, notamment dans les zones moins couvertes comme la Vallée de la Dordogne Corrézienne et le Lot-et-Garonne. L’enjeu est aussi de poursuivre « la consolidation des tiers-lieux existants en professionnalisant les conditions d’accueil et le développement d’activités permettant de renforcer l’ancrage territorial et les modèles économiques dans 5 domaines : “Apprendre et se former autrement”. “Fabriquer et produire autrement”. “Nourrir autrement”. “Soigner autrement” et enfin “expérimenter” ».
Pour découvrir l’ensemble des Tiers-Lieux de Nouvelle-Aquitaine, c’est par ici.