Grand Angoulême : une question ? Trizzy vous apporte la solution

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On les voit de plus en plus apparaître sur les sites des grandes marques, beaucoup moins sur ceux des collectivités. De qui parle-t-on ? Des chatbots évidemment. Connus aussi sous le terme d’agents conversationnels, ces interfaces personne-machine sont conçues pour dialoguer avec les utilisateurs des sites. L’Agglomération du Grand Angoulême expérimente depuis juillet son propre chatbot, baptisé Trizzy. La particularité de ce dernier ? Il accompagne les usagers dans l’apprentissage des bons gestes et des bons réflexes dans le domaine du recyclage. Pour en savoir plus, Paroles d’Elus est allé poser quelques questions à Jean-François Dauré, Président du Grand Angoulême.

Paroles d’Elus- Depuis l’été dernier, il est possible de questionner Trizzy depuis le site institutionnel de votre agglomération. Comment fonctionne ce chatbot et pourquoi avoir mis cette solution en place ?

Jean-François Dauré- Notre idée première était de donner un accès simplifié, plus ludique et plus instantané à notre guide du tri. En effet, force et de constater qu’aujourd’hui, ce document d’environ 35 pages, rappelant l’organisation de la filière du tri sur notre territoire, n’est pour ainsi dire jamais consulté. Peu de personne ont le courage et la patience de le télécharger. Avec Trizzy, nous changeons complétement d’approche. Les usagers posent leur question et le chat bot apporte la solution.

Grâce à cette solution, les usagers peuvent s’acculturer aux bons gestes et aux bons réflexes. Cela nous permet également d’aller plus loin en proposant par exemples des alternatives pour donner une seconde vie aux objets encore fonctionnels que l’on n’utilise plus. Le cadre du tri est un bon début mais l’approche se veut plus large. Elle doit être pédagogique pour encourager tout un chacun à limiter le volume de déchets produits.

PdE : Est-ce le premier chatbot utilisé par votre collectivité ? Imaginez-vous d’autres usages possibles ?

J-FD – Trizzy est en effet le premier chatbot que nous expérimentons. En à peine 4 mois, nous nous apercevons déjà que ce nouveau type d’outil interactif rencontre beaucoup de succès. Aussi, si l’objectif premier pour notre collectivité est clairement de diminuer la production de déchets à l’échelle du territoire et de réduire l’impact environnemental, beaucoup d’autres débouchés sont imaginables. Un chatbot pourrait permettre par exemple de mieux faire connaitre l’agglomération et son fonctionnement mais aussi d’apporter des réponses dans des domaines aussi variés que le touristique, la culture, le loisir, etc. Tout ou presque est imaginable, les possibilités de développement sont très larges. Pour nous, cet outil peut trouver un sens et une utilité dans d’autres secteurs et nous allons y réfléchir très sérieusement.

PdE – Combien d’utilisateurs justement ont déjà sollicité Trizzy ?

J-FD – Les premiers retours chiffrés sont extrêmement positifs. Ainsi, on compte déjà plus de 2700 utilisateurs différents pour plus 7000 déchets recherchés. En moyenne donc, un usager recherche en moyenne entre 2 et 3 déchets. Autre point positif, le taux de compréhension montre la maturité de cette solution. En effet, pour 97% des questions posées, le chatbot apporte une réponse jugée pertinente.

A plus long terme, l’enjeu pour la collectivité est aussi économique puisque le traitement des déchets, est loin d’être neutre pour le budget de la collectivité. Ce poste est extrêmement élevé dans les collectivités comme la nôtre.  L’idée est donc d’aller jusqu’à la diminution de la taxe sur les ordures ménagères pour accompagner la diminution des déchets traités. Il y a un but fiscal et économique important. Dans Trizzy, il y a ce côté ludique indispensable et surtout facile pour aller vers des pratiques plus vertueuses mais aussi des choix de société.

PdE- Expérimenter Trizzy, est-ce aussi pour vous indirectement un moyen de soutenir une start up prometteuse de votre territoire ?

J-FD – L’Agglomération du Grand Angoulême a à cœur de soutenir les projets innovants portés par les entrepreneurs locaux. La collectivité s’engage ainsi très concrètement pour les entreprises que nous avons repérées. C’est le cas effectivement de la start up MrBot qui a développé le chatbot Trizzy.

Pour les aider dans leur essor, nous avons mis en place différents dispositifs de développement allant du repérage des entrepreneurs jusqu’au financement du développement économique dans la recherche et développement de leur projet. Nous avons mis en place également des pépinières afin de les accueillir dans de bonnes conditions.

Autre exemple de collaboration, nous construisons en ce moment un incubateur de 2500m2. Nous avons profité de l’occasion pour confier à Nexeya, une entreprise du territoire, l’installation d’une pile à hydrogène. Celle-ci va permettre de rendre le bâtiment entièrement autonome en énergie. Elle stockera le surplus d’énergie produite par les panneaux photovoltaïques pour l’utiliser dès que de besoin. Là encore, c’est une approche globale qui relie des domaines trop rarement perçus comme complémentaires, c’est-à-dire s’engager en faveur du développement durable et soutenir l’entreprenariat.


Qui est MrBot, la start up qui a développé Trizzy ?

MrBot accompagne les collectivités à réduire les déchets ménagers. Dans ce domaine, les efforts à fournir sont encore grands : plus de 2 milliards d’euros sont dépensés en effet chaque année pour traiter nos déchets ménagers. Mais au-delà du coût, c’est aussi l’impact environnemental qui est dommageable : 32% de nos déchets ménagers sont incinérés et 26% terminent leur vie enfouis en décharge à quelques kilomètres de nos villes.

Pour Romain Bouiller, fondateur de Trizzy, « la plus grande difficulté n’est pas d’agir, mais de savoir comment s’y prendre ». Deux leviers s’offrent en effet aux collectivités pour réduire ces déchets non valorisés ; Améliorer tout d’abord le taux de tri pour réduire la part de déchets recyclables qui se retrouvent dans le (mauvais) bac d’ordures ménagères ; réduire les déchets générés d’autre part en donnant une seconde vie aux objets (don, réparation, upcycling, revente, compostage etc.).Dans les deux cas, des changements de comportements sont nécessaires.

Pour activer ces deux leviers, Romain Bouiller a donc développé le premier assistant zéro déchet qui se déploie en quelques clics sur les sites internet, applications mobiles et réseaux sociaux des collectivités. Concrètement, Trizzy est un « robot conversationnel » (chatbot, ou assistant virtuel) qui répond automatiquement et instantanément aux questions des habitants, autour des déchets. Savoir quoi faire de son pot de yaourt, son tube de dentifrice, son sapin de Noël ou son ancienne console de jeu, devient un jeu d’enfant.

En plus de donner la bonne consigne de tri, Trizzy met en avant les initiatives positives portées par le territoire qui permettent d’éviter de nombreux déchets. En effet, ce chatbot recense les associations, startups et autres initiatives de l’économie qui donnent une seconde vie aux objets. Aussi, Trizzy pourra vous inviter à déposer vos mégots de cigarettes dans un bac de récupération afin de les transformer en doudoune. Il pourra aussi vous faire découvrir une startup à côté de chez vous qui récupère les planches de skateboard usagées pour en faire de belles montres en bois. « Diminuer et éviter des déchets, valoriser les belles initiatives du territoire et favoriser les rencontres et les échanges entre vos administrés voilà le cercle vertueux que propose Trizzy aux collectivités », résume Romain Bouiller.

Pour en savoir plus sur Trizzy, cliquez ici .

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Valentin Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également élu local, adjoint au Maire de St Lô adjoint en charge de la stratégie et du marketing territorial.

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