Adieux « StopCovid ». Bienvenue « Tous Anti Covid »

Lors de son intervention hier soir, le Président de la République a définitivement sonné la fin de l’application StopCovid. Lancée le 2 juin dernier, soit près de 3 semaines après la fin du confinement, elle avait été imaginée, selon les mots de Cédric O, comme un outil permettant « de passer d’un été de confinement général de la population à un confinement ciblé et individualisé de personnes porteuses du COVID19 ». Une nouvelle application, baptisée « Tous Anti Covid », va être lancée le 22 octobre prochain.

Adieux StopCovid

« Ça n’a pas marché ». Cette formule de synthèse prononcée mercredi 14 octobre par Emmanuel Macron tranche avec les nombreuses heures de débats qui ont précédé le lancement de StopCovid. En effet, beaucoup d’encre a coulé sur cette application et plusieurs semaines de validations successives ont été nécessaires, avant de pouvoir la télécharger sur son smartphone début juin.

Une route semée d’embuches

Et c’est peut-être là une des raisons de cet échec, même si le Président de la République n’a pas souhaité utiliser ce terme. Lancée plus de 21 jours après le déconfinement, et après l’envoie de nombreux messages contradictoires, les français n’ont pas jugé utile de la télécharger. Autres explications de ce désaveu, le choix d’une méthode centralisant les données a été décrié tout comme d’ailleurs, car nul n’est prophète dans son pays, les désaccords avec Google et Apple.

Maîtriser la protection de la vie privée

Cédric O expliquait sur ce point à l’époque qu’ « effectivement la solution proposée par Apple et Google, (…) pose selon nous un certain nombre de problèmes en termes de protection de la vie privée et en termes d’interconnexion avec le système de santé et de maîtrise du système de santé ». Et d’ajouter qu’ «  Apple aurait pu nous aider à faire en sorte que cela marche encore mieux sur les iPhone. Ils n’ont pas souhaité le faire, pour une raison d’ailleurs que je ne m’explique guère ».

Une appli énergivore ?

Ajoutez à cela, selon les termes d’Emmanuel Macron que « nos concitoyens ne savaient pas comment l’utiliser, certains disaient qu’elle déchargeait la batterie de leur téléphone » et vous obtenez un panorama assez complet des raisons de cet échec.

Trop peu de téléchargements

Résultat, StopCovid n’a été téléchargée que 2,6 millions de fois en 5 mois. Un chiffre jugé, et à juste titre, beaucoup trop faible en comparaison des versions britanniques et allemandes, utilisées par respectivement 16 et 18 millions d’habitants. Autres chiffres déroutants pour StopCovid, selon le gouvernement français, 7 969 personnes seulement s’y sont déclarées comme étant positives, et 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts.

Une équipe-projet de 100 personnes

Rappelons néanmoins que pour arriver à déployer cette application sans risque pour les citoyens, le gouvernement n’avait pas lésiné sur les moyens humains. En effet, dixit le Secrétaire d’Etat à l’époque, « l’équipe-projet coordonnée par l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) (…) rassemble plus de 100 personnes issues de plusieurs entreprises engagées et d’un large écosystème de contributeurs,

Qu’attendre de « Tous Anti Covid » ?

Si le Chef de l’Etat a bien reconnu hier soir les écarts de téléchargements entre les pays européens, il a aussi ajouté qu’« aucun (NDLR : pays) n’a réussi à faire un outil d’alerte  ». Dès lors, qu’attendre de cette nouvelle application « Tous Anti Covid » ? Emmanuel Macron souhaite en faire une sorte de carnet de bord qui contrairement à Stop Covid devrait être capable de s’activer lorsque la distanciation sera compliquée comme « dans les bars, des restaurants, le métro, etc.  ». Elle devrait aussi permettre de trouver plus facilement où se faire dépister. De quoi convaincre les français ? Réponse le 22 octobre prochain.

Valentin Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également conseiller municipal à Saint-Lô en Normandie.

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