Le Sommet IA des Élus fait son entrée au WAICF 2026

Le World AI Cannes Festival (WAICF) ouvre sa cinquième édition les 12 et 13 février 2026. Cette année marque une étape décisive avec le lancement du premier Sommet IA des Élus. Plus de 150 maires, présidents de département et décideurs publics se réunissent pour transformer concrètement les services publics locaux grâce à l’intelligence artificielle.
Une table ronde inaugurale pour poser les fondamentaux
Le Sommet IA des Élus s’est ouvert par une table ronde stratégique. L’objectif : faire de l’IA un levier concret pour améliorer les services aux citoyens. Deux élus que nous connaissons bien sur Paroles d’élus pour leur engagement sur les sujets numériques étaient invités : Michel Sauvade, vice-président du Département du Puy-de-Dôme, pilote le numérique. Il est également maire de Marsac-en-Livradois et co-président de la Commission Numérique de l’AMF. Laetitia Quilici, vice-présidente du Conseil départemental du Var, préside la Commission nouvelles technologies et développement numérique. Le Var travaille étroitement avec le SICTIAM sur l’IA.
Fadila Leturcq, cheffe de pôle Campus du numérique public, et Vivien Corbet, responsable du Secteur Public chez Mendo AI, complétaient le panel. Une conviction forte s’est dégagée : la modernisation par l’IA se construit dans la durée, avec une vision politique claire.
Le WAICF s’affirme comme rendez-vous incontournable de l’IA
Le World AI Cannes Festival réunit 15 000 professionnels au Palais des Festivals. Plus de 320 speakers internationaux et 220 exposants sont attendus. L’événement transforme Cannes en capitale mondiale de l’IA pour deux jours. Là encore, l’ambition est claire : favoriser l’adoption et la compréhension de l’IA dans les entreprises et institutions. Les thématiques couvrent AI for Business, AI Governance, The Next AI Tech et le Health AI Summit.
Des espaces dédiés complètent le programme. L’Alan Turing Agora, les Demo Sessions et le PublicTech Village offrent des opportunités concrètes. Les WAICF Awards et une soirée VIP exclusive favorisent le networking stratégique. Le festival crée des centaines d’opportunités entre start-ups, grands groupes et collectivités.
Des keynotes d’exception et une ministre mobilisée
Les interventions de prestige rythmeront l’événement. Yann LeCun et Jean-Michel Jarre figurent parmi les têtes d’affiche. Des speakers de Meta, IBM, NVIDIA, Salesforce, Mastercard, Palo Alto Networks et l’OCDE interviennent également. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, est présente. Sa participation souligne l’importance stratégique du sujet. En effet, les décideurs politiques et économiques européens se donnent rendez-vous à Cannes.
L’urgence d’une souveraineté numérique face à la dépendance américaine
Dans une tribune publiée dans L’Opinion le 12 février, David Lisnard tire la sonnette d’alarme. Le maire de Cannes et président de Nouvelle Énergie constate un retard préoccupant. « Construire des data centers en France financés par des capitaux étrangers pour faire tourner des modèles d’IA américains sur des puces Nvidia, grâce à l’énergie nucléaire bon marché et quelques facilités d’acquisition du foncier, ce n’est pas de la souveraineté numérique. C’est de l’hébergement. Pas de la maîtrise industrielle », écrit-il.
Les chiffres illustrent cette dépendance. Trois entreprises américaines captent plus des deux tiers du marché français du cloud. Amazon, Microsoft et Google dominent cette infrastructure indispensable à l’IA. Entre 2019 et 2024, l’Union européenne a adopté 13 000 actes législatifs contre 3 500 pour les États-Unis. Résultat : 23 % des start-up européennes de l’IA envisagent de transférer leur siège aux États-Unis.
David Lisnard identifie une fenêtre de tir historique. L’IA sait désormais écrire du code mieux que nous. La rareté n’est plus dans la capacité technique. Elle est dans la vision, la culture, le discernement. Autrement dit, dans l’intelligence humaine.
L’éducation, clé de voûte de la souveraineté numérique
Le déclassement scolaire français constitue un handicap déterminant. « Le paradoxe est cruel : au moment où l’IA exige plus d’intelligence humaine, notre système éducatif en produit moins », alerte David Lisnard dans sa tribune.
Et l’élu de poursuivre : »Grâce à la logique d’Aristote, qui nous a appris à structurer un raisonnement et à identifier un sophisme. Grâce au doute méthodique de Descartes, qui enseigne à ne rien tenir pour acquis. (… Montaigne, qui fait de l’incertitude le point de départ de la pensée. Grâce à Pascal, qui distingue l’esprit de géométrie – le calcul – et l’esprit de finesse – le jugement – le savoir qu’on a besoin des deux. Grâce aux Lumières, qui ont érigé la raison critique contre l’argument d’autorité. Les humanités ne sont pas un luxe de l’ancien monde. Elles sont l’armature intellectuelle du nouveau ».
L’IA générative automatise l’écriture, l’étude, l’analyse. Sans sens critique cultivé, nous perdrons ce qui fait l’humain. Ce qui fait la supériorité de l’homme n’est pas la vitesse de calcul. C’est le jugement, la capacité de douter, de questionner.
Des applications concrètes au service de l’intérêt général
L’IA transforme déjà les services publics locaux. À Cannes, un jumeau numérique en 4D suit 150 000 arbres du patrimoine arboré. Avant, seuls 200 arbres étaient suivis physiquement. Des caméras embarquées sur les véhicules de voirie analysent l’état des chaussées en temps réel. Elles programment les réparations. Sur le réseau de bus, des capteurs prédictifs détectent les défaillances mécaniques invisibles à l’œil nu. Dans la collecte des déchets, l’IA identifie automatiquement les produits dangereux. Elle a réduit de 20 tonnes les refus de tri. L’IA génère aussi des rapports de délégation de service public. Elle fait gagner 15 jours.
Le résultat : un service public plus rapide et moins cher pour le contribuable. Il est aussi plus qualitatif pour l’usager. Le travail devient plus intéressant pour l’agent. Les collectivités disposent de démonstrateurs concrets. La promesse devient réalité. L’IA au service de l’intérêt général suppose cinq choix clairs. Relever massivement le niveau éducatif reste prioritaire. Former à tous les niveaux – BTS, CFA, formation continue – est essentiel. Faire confiance au local et décentraliser permet l’innovation par le bas. Sophia Antipolis, Valence et Cannes le prouvent. Simplifier les normes devient urgent. L’Europe doit accélérer les procédures et créer des bacs à sable réglementaires.





