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Sommaire de l’article
    Citoyens et société

    Le Jour de la carte : un nouveau rendez-vous annuel pour « replacer la cartographie au cœur du débat démocratique »

    Ce 4 février 2026, la République des cartes organise la première édition du Jour de la carte. Sur le modèle de la Fête de la science, cette journée décentralisée et participative mobilise plus de 280 personnes et une centaine d’événements en France et à l’international. L’objectif : redonner aux citoyens le pouvoir de s’approprier les cartes pour comprendre, débattre et agir sur leurs territoires face aux enjeux démocratiques et écologiques.

    Un événement inédit pour célébrer le pouvoir démocratique des cartes

    Le 4 février 2026 marque le lancement d’un nouveau rendez-vous culturel national. À l’image de la Fête de la Musique appliquée à la cartographie, le Jour de la carte ambitionne de devenir « le jour où la carte fait du bruit », selon l’éditorial du dossier de presse. Cette initiative, portée par la République des cartes, vise à faire de la carte « un objet heureux, qui révèle l’invisible, nourrit le débat démocratique et transforme le réel ».

    La première édition a suscité un engouement notable. Plus de 280 personnes se sont mobilisées pour organiser une centaine d’événements. Les participants ont pu découvrir des ateliers participatifs, des expositions, des conférences, des parcours urbains ou des débats publics dans des lieux variés : centres aérés, entreprises, universités, médiathèques et mairies.

    À l’avenir, cette journée interviendra désormais chaque premier mercredi de février. L’objectif est clair : fédérer une communauté d’acteurs engagés et encourager de nouvelles formes de représentation du monde. Comme le rappelle l’éditorial, « une carte n’est jamais neutre » : elle structure notre regard et influence nos choix collectifs.

    Des ressources clés en main pour mobiliser les territoires

    Pour faciliter l’engagement, La République des cartes avait mis à disposition plusieurs outils pour faciliter la participation du plus grand nombre. L’atelier phare, intitulé « Les cartes qu’il nous faut », invitait les citoyens à réfléchir collectivement au pouvoir des cartes. Ludique et pédagogique, ce format permet d’identifier les représentations cartographiques nécessaires pour mieux comprendre un territoire et agir. Il s’adresse à tout public dès l’âge de 7 ans accompagné d’un adulte et dure de 35 minutes à une heure.

    D’autres ressources complètent ce dispositif. Ubisoft a conçu par exemple un jeu collaboratif nommé « Cartes sur table », où les joueurs doivent gérer ensemble un territoire en évolution. L’exposition « Trois siècles d’innovation cartographique : de l’encre au pixel », créée par l’IGN, retrace l’aventure de la cartographie depuis Jean-Dominique Cassini. Enfin, une série de cinq podcasts « Sismique », produite en partenariat avec Julien Devaureix, aborde l’histoire de la carte, son rôle comme outil de pouvoir et les alternatives citoyennes.

    Une coalition pour libérer les cartes de l’emprise des GAFAM

    La République des cartes réunit une coalition d’acteurs publics et privés. Les partenaires fondateurs sont l’IGN, la Banque des territoires, Leonard et La Fabrique de la Cité (Groupe Vinci), OVHCloud, Ubisoft et l’agence Nodesign. Ils sont accompagnés de Docaposte, du Conseil national de l’information géolocalisée (CNIG), CY école de design, la Fondation de l’Université Gustave Eiffel, l’Afigéo, Open Data France et le média AOC.

    L’initiative s’appuie sur un comité d’orientation présidé par Maxime Blondeau, cosmographe et enseignant à Sciences Po et Mines ParisTech. Ce comité réunit des personnalités issues de la cartographie, de la recherche, des sciences sociales et de la culture. Parmi eux figurent Alexandre Monnin, philosophe et co-fondateur du courant de la redirection écologique. On trouve aussi Virginie Raisson-Victor, géopolitologue et présidente du Giec Pays-de-la-Loire.

    La démarche vise à « replacer la cartographie au cœur du débat démocratique ». L’actualité géopolitique récente illustre ces enjeux, avec le changement d’appellation du Golfe du Mexique ou la situation du Groenland. L’ambition affichée est triple . D’abord célébrer la diversité des usages des cartes. Ensuite, inventer de nouvelles représentations. Enfin, « libérer les cartes des GAFAM » pour renforcer leur souveraineté.

    Un enjeu de souveraineté et de transition écologique

    Au-delà de l’événement, la République des cartes anime toute l’année des rencontres et des ateliers. L’objectif est de garantir « une représentation fiable des territoires » et de « faire émerger des alternatives cartographiques souveraines et européennes ». Cette ambition répond à une inquiétude croissante : la dépendance aux cartes produites par les grandes plateformes numériques.

    Les cartes constituent un outil essentiel pour affronter les transitions écologiques. Elles permettent de représenter les effets du changement climatique et de visualiser les dépendances matérielles des territoires. Elles rendent aussi visibles des réalités sociales, économiques ou environnementales qui échappent à la perception quotidienne.

    Comme le souligne l’éditorial, « il est temps de prendre conscience que la souveraineté des données géographiques n’est pas acquise ». Les citoyens doivent pouvoir s’approprier ces outils . L’enjeu ? « regarder le monde autrement, faire débat et contribuer à décider du devenir de nos territoires ». Le Jour de la carte a l’ambition de donner à la cartographie « la place qu’elle mérite ».