Lancement du programme So.Num : vers une sobriété numérique durable

L’environnement devait être un des sujets majeurs de cette élection présidentielle. Et la publication début mars du dernier rapport du GIEC, qui insiste sur l’urgence de la lutte contre le changement climatique, n’a fait que renforcer cette impression de rendez-vous manqué. Si sombre que peut paraître l’horizon, il existe pourtant des solutions pour peu que l’on prenne en compte l’impact global de ces dernières. L’exemple le plus emblématique est sans doute le numérique. Car en effet, s’il apporte des éléments de réponse, il est également responsable de 2,5% de l’empreinte carbone de la France et représenterait 10,3% de la consommation d’électricité française. Grâce à son programme baptisé So.Num, l’Ademe appelle à une sobriété numérique durable. Explications.

Un programme de sobriété numérique

Dans le cadre de la 5ème période des programmes de certificats d’économie d’énergie (CEE), le ministère de la Transition Écologique a proposé une thématique relative à la sobriété électrique du numérique. C’est le programme So.Num, porté par l’ADEME qui a été retenu. Il bénéficiera ainsi concrètement d’un financement dans le cadre de cet appel à programmes.

Objectif 650 collectivités

Pendant 4 ans, ce programme va « sensibiliser et former les usagers à la sobriété numérique, à développer et diffuser des outils de mesure de la consommation électrique et des impacts environnementaux, et de développer à grande échelle les opérations de sobriété numérique dans les territoires ». Durant cette période, So.Num devrait permettre de sensibiliser et de former en direct 3 000 enseignants du supérieur, 2 000 ambassadeurs en entreprises et 650 ambassadeurs en collectivités.

L’Inria et EcoInfo dans la boucle

Pour mener à bien ce programme, l’ADEME s’est associée à 2 acteurs majeurs de la connaissance et de la formation dans les sciences et technologies du numérique que sont l’Inria et le groupe de travail EcoInfo rattaché au CNRS. Le programme So.Num s’articulera autour de trois axes, en coordination avec les différents acteurs concernés.

Accélérer la sensibilisation

Il s’agira ainsi tout d’abord d’« accélérer la sensibilisation et la formation à la sobriété ». Cela passera notamment par la création d’un label garantissant la qualité du contenu de formation ; par le développement d’une plateforme pour mettre à disposition l’ensemble des contenus de formation et enfin par la liffusion des formations via des appels à projets et campagnes de sensibilisation

Pouvoir mesurer la sobriété numérique

Le 2ème axe du programme consistera à élaborer un cadre de méthodologie pour mesurer et piloter la sobriété numérique. Ainsi, afin de pouvoir piloter une démarche de sobriété numérique, il est prévu par exemple de mettre à disposition une base de données publique pour l’évaluation des impacts environnementaux du numérique. Par ailleurs, « une édition du cadre méthodologique de mesure » ; ainsi que « l’identification et (la) validation d’outils de mesure basés sur ce cadre » sont prévus.

Vers un appel à manifestations d’intérêts

Enfin, le 3ème et dernier axe va permettre de soutenir plus facilement les actions de mise en œuvre de la sobriété numérique grâce à la mise à disposition « d’outils pour intégrer la sobriété numérique dans les stratégies des collectivités et des organisations » ; mais aussi via la co-organisation de « tables rondes citoyennes pour un numérique responsable » ; ou encore des « cas pilotes, basée sur un AMI pour identifier des organisations ».

 

Valentin
Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences et les innovations venues des territoires. Valentin est également conseiller municipal à Saint-Lô en Normandie.

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