[Édito] En novembre, faisons le plein d’Environnement 

En août dernier, Cédric O répondait dans les colonnes du Figaro, aux critiques faites au numérique et à son impact sur l’environnement. Pour le Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, non seulement « le numérique contribue déjà à la protection de notre environnement » mais surtout « la transition écologique a besoin du numérique». Vœux pieux ou réelle opportunité ? il est difficile d’y voir clair…

Mais que reproche-t-on au numérique ? Même si les pourcentages varient un peu, de plus en plus d’études s’accordent à dire que le secteur des nouvelles technologies est un véritable glouton ! Ordinateurs, data centers, réseaux… engloutissent en effet entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, et c’est là que le bât blesse, on estime que les besoins énergétiques de ce secteur continueront d’augmenter de 5 à 7% tous les ans. Dit autrement, le numérique pollue déjà près de 1,5 fois plus que le transport aérien. Voilà pour la face obscure du numérique.

Alors c’est vrai, contrairement à ce que l’on pensait encore il n’y a pas si longtemps, Internet est une grande source de pollution. Les mots « dématérialisation », « virtuel » et autre « cloud » ont bel et bien besoin, quelque part sur la planète d’énergie. Pour autant, la réponse de Cédric O selon laquelle « la transition écologique a besoin du numérique» n’est pas qu’un vœu pieux. Certains experts préfèrent s’intéresser à l’autre face du numérique. Un chiffre en effet, donné lors de la dernière université du THD aux Sables d’Olonne montre une autre réalité : 1 tonne de CO2 consommé par le numérique, serait l’équivalent de 10 tonnes économisés dans les autres domaines. Autrement dit, l’impact environnemental de la croissance ces dernières années, a été limité en partie par et grâce au numérique.

Autre aspect non négligeable pour la planète est l’émergence de ce qu’on appelle la GreenTech (ou éco-technologies en bon français).Elle regroupe les techniques et les services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières avec une perspective d’amélioration importante de l’efficacité et de la productivité.

Le 16 octobre dernier, le Ministère de la Transition lançait officiellement l’initiative GreenTech Innovation avec pour objectif d’accompagner les start-up et PME développant «  de nouveaux produits, usages et services pour les citoyens sur les différentes thématiques du ministère de la transition écologique ». Derrière ce terme se cache aujourd’hui une véritable communauté composée de 170 start-up et PME innovantes, s’attaquant à des problématiques aussi primordiales que la « décarbonation de l’économie, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le numérique responsable, la neutralité carbone, la gestion des risques, la construction de bâtiments et de villes durable, les transports efficients et propres, l’économie circulaire, la santé et l’environnement, la gestion de l’eau ou encore la sauvegarde de la biodiversité ».

Vous l’aurez compris, c’est cette face du numérique qui nous intéresse ce mois-ci sur Paroles d’Elus. Nous tâcherons en effet durant les prochaines semaines de mettre en avant les différentes initiatives récoltées ici et là pour un numérique au service de l’environnement. Les collectivités françaises font preuve en effet de beaucoup d’audace sur le sujet. Outre les différentes interviews et articles, vous trouverez sur votre site, la sortie en avant-première du Mag Digital #4 spécial Environnement qui compilera près de soixante exemples concrets pour l’environnement. A noter également dans vos agenda, une conférence Paroles@venir, en partenariat avec l’ANEM sur la thématique « Numérique et Environnement : de nouveaux outils pour accompagner la transition écologique des collectivités ».

Bref, malgré le confinement, ce mois de novembre sera riche en actualités et en découvertes