L’Europe au quotidien : 3 questions à Frédéric Leturque, Maire d’Arras

Pour mieux comprendre le travail réalisé entre les collectivités et l’Union Européenne, l’Association Villes de France a interrogé plusieurs de ses élus. Direction aujourd’hui la ville d’Arras où le Maire Frédéric Leturque nous explique comment l’Europe soutient et participe au dynamisme des villes.

Paroles d’Elus – Qu’apporte l’Europe quotidiennement à votre ville ?

Frédéric Leturque – Par le biais de sa politique Régionale et Urbaine, l’Union européenne est parvenue à devenir un acteur clef du développement et de l’équilibre de nos territoires. Depuis 2000, l’Europe a accompagné plusieurs projets notables : Équipements et aménagements de la Résidence Saint-Pol, projets numériques du Centre Hospitalier d’Arras, extension de la base nautique à Saint-Laurent-Blangy dans le cadre des entraînements olympiques, crédits spécifiques pour l’insertion professionnelle et la formation, opérations de biodiversité, projets d’économies d’énergies. En tant que Maire et Secrétaire Général de Ville de France, j’attends que les institutions se rapprochent des citoyens et des acteurs du territoire. L’Europe, dès 2020, doit être forte d’une proposition pour les Villes moyennes afin que les Programmes Opérationnels disposent d’un véritable objectif urbain.

PE – En tant qu’élu local, quelles sont vos attentes vis-à-vis des institutions européennes ?

FL – A l’échelle du territoire, deux attentes majeures se distinguent. En premier lieu, il faut renforcer le partenariat entre les institutions européennes et les villes moyennes, sur la durée. Notre préoccupation première est que la politique de cohésion réponde aux besoins des citoyens. C’est pourquoi les élus locaux doivent participer, en amont, à la construction du projet européen. D’autre part, les institutions européennes doivent se rapprocher des citoyens et, nous devons, tous, défendre une vision européenne partagée. Je propose aux décideurs européens, nationaux et locaux, l’expérimentation d’une stratégie européenne pour les Villes moyennes reposant sur leur caractère nodal et d’équilibre dans l’aménagement du territoire. Les Fonds européen pourraient disposer d’une vision globale et transversale du fait urbain. Au sein des Programmes Opérationnels, un axe territorial dédié décomposerait ses leviers d’interventions par type de territoire : les Villes moyennes, les « grands territoires », la ruralité, les quartiers en difficulté. Les territoires mobiliseraient les fonds sur la base d’un Projet de Territoire opérationnel, prospectif et partagé.

PE – Pourquoi faut-il sauver les fonds européens pour toutes les régions ?

FL – Nous sommes à la veille des élections européennes, dans un moment ou l’Union européenne suscite quelques défiances, le maintien de la politique de cohésion pour tous les territoires s’avère indispensable pour renouveler le projet européen en proximité avec les citoyens. Nos territoires souffrent encore de fractures et doivent relever des défis de cohésion territoriale, économique et sociale. Nos Villes moyennes doivent ainsi innover et trouver des solutions durables afin de renforcer les cohésions par des projets structurants. Des poches de pauvreté doivent par exemple être traitées en même temps que nos enjeux d’équilibre du territoire car il est d’une absolue nécessité de favoriser notre attractivité pour garantir l’emploi, la cohésion territoriale, la créativité et le développement économique et social. Nos Villes moyennes, d’amont en aval, doivent dés-à-présent, non pas être associées ou consultées, mais co-construire avec les institutions européennes, l’Etat, et les Régions.

Valentin Goethals
Valentin
Goethals
auteur

Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences terrain et les innovations venues des territoires. Valentin est également élu local, adjoint au Maire de St Lô adjoint en charge de la stratégie et du marketing territorial.

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