BIM : Le Building Information Modeling

En effet, le Building Information Modeling (BIM) qui désigne à la fois les maquettes numériques et, par extension, toutes les données ainsi recueillies, exploitables et partageables, transforme la conception, la construction et l’exploitation du bâtiment, offrant ainsi de nouvelles opportunités aux collectivités.

Le BIM ou la promesse de réduction des coûts.

Le BIM permettrait une baisse des coûts de la construction et d’exploitation des bâtiments et ce, sur l’ensemble du cycle de vie. Dans un contexte où une étude McKinsey[1] montre que la productivité de ce secteur est en retrait par rapport à celle de l’économie en général et notamment celle de la fabrication, la transformation digitale apporte une disruption salutaire. En outre, le BIM améliore la prise de décisions et les performances tout au long du cycle de vie des bâtiments.

Le BIM ou la transformation du travail.

Au-delà des outils technologiques, le BIM implique une nouvelle méthodologie de travail. La digitalisation des projets renforce la dimension collaborative et pluridisciplinaire en permettant aux différents métiers de travailler simultanément sur les aspects architecturaux, structurels, industriels et énergétiques. Cela renforce la transparence des réalités et contraintes inhérentes aux différents métiers, réduisant ainsi les éventuelles frictions tout en favorisant le dialogue entre toutes les parties prenantes.

Le BIM ou l’optimisation du cycle de vie.

Les maquettes numériques convertissent le projet en data exploitable, permettant ainsi de calculer au mieux l’usage d’un bâtiment et de son exploitation afin de conjuguer au mieux confort, économies et écologie. L’analyse en temps réel des données ouvre donc un vaste horizon d’usages à inventer.

Les alternatives au BIM

Toutefois, ces transformations induites par le BIM qui révolutionne à la fois les organisations, les processus et la formation des employés, seront vraisemblablement lentes à mettre en œuvre. C’est pourquoi les collectivités devraient également s’intéresser aux techniques de numérisation automatiques dont le développement est très rapide et le coût en baisse.

Il est en effet aujourd’hui possible de numériser l’extérieur et l’intérieur d’un bâtiment grâce à des nuages de points capturés automatiquement par un « radar » (lidar, photogrammétrie…). Leur traitement numérique permet ensuite d’obtenir un modèle 3D.

Dans un avenir proche, le développement de drones et surtout les progrès de la reconnaissance d’objets sur ces images par l’intelligence artificielle, sont susceptibles de recomposer un bâtiment et l’ensemble de ses composants (portes, fenêtres, textures…) et ce, de manière quasi automatique.  Cela permettrait de réduire les coûts d’entretien et de maintenance, notamment pour les logements déjà construits qui composent la grande majorité du parc urbain. Ce concept de “jumeau numérique”, qui facilite la gestion de l’état de chaque composant et développe la maintenance prédictive, se répand notamment dans le monde anglo-saxon. Contrairement au BIM, les jumeaux permettent la mise à jour en temps réel des objets et des infrastructures.

Pour être efficiente, la transformation numérique du bâtiment doit ainsi englober la conception, la construction mais également l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. C’est à ce titre seulement que la technologie permettra au bâtiment d’œuvrer de manière globale à la construction d’un monde durable.

 

[1] McKinsey Global Institute, Dix Enjeux cruciaux pour la France à l’horizon 2022. Éléments de mise en perspective sur les principaux défis structurels de l’économie française, avril 2017.

Valentin
Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences et les innovations venues des territoires. Valentin est également conseiller municipal à Saint-Lô en Normandie.

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