Fin du réseau cuivre : expérimentation grandeur nature à Lévis-Saint-Nom

Avez-vous déjà entendu parler du « décommissionnement du cuivre » ? Derrière ce terme technique se cache un nouveau défi pour Orange. De quoi s’agit-il ? Anticiper la fin du réseau cuivre. En effet, malgré de bons et loyaux services, ce dernier doit être d’ici quelques années retiré. Une étape importante donc et qui se prépare. En déplacement hier à Lévis-Saint-Nom, Laure de la Raudière, nouvelle Présidente de l’ARCEP, a pu suivre le bon déroulement d’une expérimentation grandeur nature menée par l’opérateur.

Garantir un service essentiel

Depuis la libéralisation du secteur des télécoms, pouvoir bénéficier d’un raccordement au réseau cuivre et d’une offre téléphonique est considéré comme « un service universel ». Ainsi, l’Etat peut garantir à tous ces citoyens, un accès à un ensemble de services de base considérés comme essentiels pour participer à la vie sociale et économique. Orange est aujourd’hui le propriétaire du réseau et en était aussi le délégataire du service universel des communications électroniques. Ses équipes interviennent chaque jour partout en France.

Des équipes mobilisées chaque jour pour la maintenance du réseau cuivre

Concrètement, plus de 28 500 femmes et hommes sont ainsi mobilisés en permanence pour assurer la continuité de ce service universel. Quelques chiffres montrent l’ampleur de la tâche. En France, le réseau cuivre représente pas moins d’1 million de kilomètres de câbles, 15 millions de poteaux et 30 millions d’accès. Grâce à la mobilisation des équipes Orange, 15 millions d’interventions ont été cumulées en 2019 et 85 % des pannes repérées ont été réparées en moins de 46 heures.

Pourquoi mettre fin à ce réseau historique cuivre ?

Le réseau téléphonique cuivre a fêté l’an dernier ses cinquante ans. Loin d’être anecdotique, son entretien représente chaque année environ 500 millions d’euros à cause du  vieillissement mais aussi des accidents climatiques et des vols à répétition. Si ce montant est globalement stable ces dernières années, le coût de maintenance, rapporté à la ligne,  augmente de 10 % par an. A moyen terme, c’est donc la question du modèle économique qui se pose.

Enjeu de modernisation et enjeu environnemental

Si garder en parallèle deux réseaux n’est donc pas économiquement parlant pérenne,  les enjeux sont aussi d’un autre ordre. En effet, grâce aux engagements du plan France THD, l’idée est également de moderniser ce que l’on appelle encore communément le « fixe ». Enfin, bien que moins souvent mis en avant, la question est aussi environnementale. En effet, la fibre utilise 3 fois moins d’énergie que l’ADSL.

Accompagner la migration des usagers du cuivre vers la fibre

C’est pourquoi, lors de la présentation de son plan stratégique « Engage 2025 », Orange a annoncé une extinction progressive du cuivre entre 2023 et 2030. Comme l’a rappelé récemment Stéphane Richard, son PDG : « Cela se fera progressivement. Après une phase initiale de test ». L’engagement de l’opérateur est en effet d’accompagner, durant les prochains mois, de façon programmé et anticipé, une bascule vers la fibre en fonction de l’avancement du déploiement de celle-ci.

Direction Lévis-Saint-Nom

En accord avec l’Arcep, le gendarme des télécoms, Orange a souhaité mener une expérimentation grandeur nature dans une commune représentative en termes de composition de la société, de types de lignes, de configuration, d’une majorité des collectivités françaises. Les 1600 habitants de Lévis-Saint-Nom dans les Yvelines sont donc les premiers à vivre ce moment historique. D’ici peu, plus aucun appel ne transitera dans les câbles de cuivre qui couvre encore le territoire. Comme l’explique  Jean-Luc Girod, délégué régional Ile-de-France ouest chez Orange « Pour cette première expérimentation, nous avons choisi une commune de petite taille déjà  fibrée. C’est une condition indispensable, on n’éteint le réseau cuivre que s’il y a de la fibre ».

A quoi sert ce test ?

Grâce à cette période de rodage, les équipes d’Orange peuvent notamment identifier les services fonctionnant encore grâce au réseau cuivre et au protocole RTC, remplacé peu à peu par l’ADSL. Très concrètement, les cas de figures sont très variés. Ils vont de l’usage de terminaux bancaires chez commerçants ou de l’appel en cas d’urgence dans les ascenseurs. Comme l’explique Jean-Luc Girod, l’expérimentation menée à Lévis-Saint-Nom a permis de mettre en lumière des problématiques connexes : « On s’est ainsi par exemple aperçu pour la téléassistance proposée par le département des Yvelines aux plus âgés que les boitiers n’avaient pas d’autonomie en cas de coupure d’électricité. Il a donc fallu leur installer des batteries ». Autre point très important, cette initiative permet aussi de mieux comprendre les éventuelles craintes de la population et de mieux adapter les réponses.

Echanges sur place avec l’ARCEP

Alors que cette expérimentation arrive bientôt à son terme, Fabienne Dulac et Nicolas Guérin, respectivement CEO et Secrétaire Général d’Orange France et Président de Fédération Française des Télécoms  étaient présents mercredi dernier à Lévis-Saint-Nom pour accueillir la nouvelle Présidente de l’ARCEP, Laure de la Raudière. Ces échanges ont permis de présenter au gendarme de télécoms, les premiers résultats de cette migration des clients du cuivre vers la fibre.

Valentin
Goethals
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Valentin Goethals, est le journaliste pivot de Paroles d'Elus. Correspondant des élus, associations et partenaires, il remonte les expériences et les innovations venues des territoires. Valentin est également conseiller municipal à Saint-Lô en Normandie.

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