Baromètre du numérique 2026 : l’IA générative s’impose, les défis d’inclusion persistent

Présenté le 9 février dernier en présence de Mme Anne Le Hénanff, Ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique, le Baromètre du numérique 2026 révèle une France largement connectée mais confrontée à de nouvelles fractures. Si l’accès à Internet atteint désormais 94% de la population, l’édition 2026 met en lumière l’adoption fulgurante de l’intelligence artificielle générative, l’exposition massive aux contenus problématiques sur les réseaux sociaux, et la persistance tenace des enjeux d’inclusion numérique.
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L’IA générative : une adoption sans précédent
Le constat du Baromètre du numérique 2026 est saisissant. En 2025, 48% des Français utilisent l’intelligence artificielle générative, contre 20% en 2023. Comme le souligne le rapport, « jamais une technologie numérique n’avait été adoptée aussi vite » au cours des vingt-cinq années d’existence du baromètre.
Cette pratique reste néanmoins socialement marquée. Les jeunes, les diplômés du supérieur et les cadres sont les plus utilisateurs. L’usage se concentre principalement sur la recherche d’informations (73%), avec ChatGPT en tête, suivi de Gemini. Pour les non-utilisateurs, les freins évoqués témoignent d’une réalité que les collectivités connaissent bien : « un manque de compétences » et « des habitudes d’usage bien ancrées autour des moteurs de recherche ».
Réseaux sociaux : une exposition inquiétante aux contenus problématiques
Près de la moitié des internautes consultent quotidiennement les réseaux sociaux et plateformes vidéo. Mais cette intensité d’usage s’accompagne d’une exposition élevée : 64% des utilisateurs déclarent être souvent ou de temps en temps confrontés à des fausses informations, des contenus violents ou haineux. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint même 92%.
Le signalement des contenus reste freiné par un sentiment d’inefficacité, un manque d’information sur les suites données et une compréhension encore imparfaite des règles et des algorithmes qui structurent les plateformes. Pour les élus locaux, cette réalité pose la question de l’éducation au numérique.
Connectivité et usages : une maturité confirmée
Huit abonnés à Internet fixe sur dix disposent désormais d’une connexion par fibre ou câble. Près de six personnes sur dix possèdent un smartphone compatible 5G. Le rapport confirme ainsi que « le numérique est entré dans une phase de maturité » : l’immense majorité de la population est désormais internaute, les équipements emblématiques comme le smartphone sont quasi universels.
Les messageries instantanées illustrent parfaitement ce phénomène : 86% de la population y a recours pour échanger des messages textes et 80% pour téléphoner. Les objets connectés poursuivent également leur diffusion, notamment dans les domaines de la santé, de la sécurité et de la domotique.
Environnement : des arbitrages économiques
L’édition 2026 apporte un éclairage nuancé sur les pratiques environnementales. Les arbitrages sont avant tout guidés par des considérations économiques. Si la possession d’équipements d’occasion reste stable, le nombre total d’équipements numériques détenus bondit. La réparation progresse, mais principalement lorsque le coût ou l’impact environnemental est perçu comme significatif. Le bonus réparation, bien que relativement connu, reste encore peu mobilisé.
Inclusion : l’accompagnement humain plébiscité
Quatre Français sur dix déclarent encore rencontrer des freins dans leurs usages, liés en premier lieu à « un sentiment de manque de maîtrise des outils ». Face à cette réalité, les pratiques d’aidance occupent une place centrale. Près de six Français sur dix ont déjà aidé un proche dans ses usages numériques. Un Français sur deux a déjà aidé un membre de sa famille à réaliser des démarches administratives en ligne.
En cas de difficultés avec l’e-administration, l’accompagnement humain est plébiscité, les chatbots peinant encore à convaincre. Comme le formule le rapport, « une partie de la population exprime le souhait de pouvoir choisir de recourir ou non au numérique ». Pour les villes moyennes où le service public de proximité est structurant, le défi est d’organiser la coexistence entre innovation technologique, accompagnement humain et confiance des habitants.




