Rencontre avec Véronique Torner, Présidente de Numeum

Le Forum International de la Cybersécurité (FIC) a refermé ses portes jeudi soir à Lille après trois jours riches et intenses. Quelque 20 000 participants et 700 entreprises et institutions publiques ont fait le déplacement pour ce que beaucoup considèrent comme l’événement cyber le plus important d’Europe.
Dans les allées de Lille Grand Palais, Paroles d’élus avait rendez-vous avec Véronique Torner, Présidente de Numeum. L’occasion d’en savoir plus sur le travail de ce syndicat patronal, 1ère organisation du numérique en France.
Paroles d’élus : Le FIC fait-il partie des rendez-vous incontournables pour Numeum ?
Véronique Torner : Le FIC est un rendez-vous très important pour nos adhérents. Nombre d’entre eux contribuent à cette forte mobilisation autour de la cybersécurité. J’en veux pour preuve que notre Commission Cybersécurité, présidée par Nolwenn Le Ster, joue un rôle central dans cet écosystème. Le FIC représente une opportunité idéale pour communiquer sur ces sujets et renforcer notre engagement collectif.
Paroles d’élus : De quelles façons votre commission Cybersécurité intervient-elle concrètement dans cet écosystème ?
Véronique Torner : Notre Commission Cybersécurité a été créée dès 2015. Elle se compose d’une centaine de spécialistes en cybersécurité et de dirigeants de haut niveau. Elle est reconnue comme un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur ce thème et participe activement aux divers événements du secteur.
Numeum, à travers sa Commission Cybersécurité, est par exemple membre fondateur de Cybermalveillance.gouv.fr et membre associé du Campus Cyber, ainsi que membre du Comité scientifique du FIC. Nous sommes également partenaires du mois européen de la cybersécurité piloté par l’ANSSI et du guide Cybersécurité édité chaque année par Solutions Numériques.
Autre exemple, nous avons présenté l’année dernière, notre dispositif Cyber4Tomorrow imaginé avec le Campus Cyber. Et cette année, nous poursuivrons nos efforts pour sensibiliser les acteurs aux enjeux réglementaires.
Paroles d’élus : Quelle est la genèse de Numeum et l’objectif fixé ?
Véronique Torner : Numeum est née en juin 2021 de la fusion de Syntec Numérique et Tech in France. Nous sommes la première organisation professionnelle en France en termes de représentativité, avec 2 500 entreprises adhérentes représentant 85 % du chiffre d’affaires du secteur. Nous rassemblons divers métiers du domaine du logiciel, notamment les éditeurs de logiciels, les entreprises de services numériques (ESN), les ICT, et des plateformes comme Doctolib et les fournisseurs de cloud.
Depuis sa création, Numeum a connu de nombreuses évolutions. D’autres organisations, comme Cinov Numérique, nous ont rejoints. Parallèlement, nous avons mené diverses actions pour promouvoir le numérique et rassembler l’écosystème français.
Paroles d’élus : Quelles priorités vous êtes-vous fixées pour Numeum ?
Véronique Torner : Depuis ma prise de fonction à la tête de Numeum, nous avons défini plusieurs priorités stratégiques pour dynamiser le secteur numérique français. Notre premier axe consiste à nous concentrer sur les régions afin d’accompagner les adhérents partout en France.
Ainsi, l’année dernière, nous avons organisé le Tour de France de l’IA avec le MEDEF, de novembre jusqu’au Sommet pour l’action sur l’IA. Cette initiative visait à sensibiliser les acteurs économiques aux opportunités offertes par l’IA, avec un focus particulier sur les territoires.
Deuxième axe, nous mettons l’accent sur le développement des compétences pour répondre aux défis de l’attractivité et de la mixité. Concrètement, nous intervenons à tous les niveaux éducatifs, du collège au post-bac, et soutenons activement les programmes de reconversion professionnelle. Nous avons lancé des initiatives telles que Nova In tech et Women In tech for Future pour encourager la féminisation du secteur et promouvoir la diversité. Nous collaborons avec plusieurs associations comme Talents du Numérique, Femmes@numérique et soutenons des initiatives comme Tech pour toutes.
Enfin, nous nous engageons à promouvoir un numérique responsable en intégrant des pratiques éthiques et durables dans toutes nos actions. Cela inclut des efforts pour améliorer l’inclusion, renforcer la confiance numérique, protéger l’environnement et garantir la cybersécurité, qui est cruciale pour la résilience et la souveraineté de notre écosystème numérique.
Paroles d’élus : Pouvez-vous nous en dire plus sur la plateforme de l’équipe de France du numérique ?
Véronique Torner : Notre mot d’ordre est de fédérer l’écosystème numérique français. Plus que jamais, je crois que l’avenir et la réussite de notre secteur passent par un travail de co-construction entre tous les acteurs pour faire de notre pays une grande nation de l’innovation et du numérique.
De ces réflexions est née l’idée de bâtir une Équipe de France du Numérique. Nous travaillons à sa concrétisation depuis plusieurs mois déjà et lancerons officiellement en juin une plateforme qui réunira tout cet écosystème sous cette même étiquette. Elle rassemblera environ quarante organisations, tant publiques que privées.
Cette équipe de France du numérique a plusieurs objectifs principaux : d’abord, cartographier l’écosystème numérique français. Ensuite, elle permettra aux acteurs de se rassembler pour porter des messages communs.
Paroles d’élus : Dans une intervention récente à BIG, vous évoquiez un numérique à la fois « poison » et « potion ». Les adhérents de Numeum sont-ils « des militants » ?
Véronique Torner : Si nous ne sommes pas militants au sens politique du terme, nous menons depuis plusieurs années des actions significatives en matière de numérique responsable. Chez Numeum, nous avons une vingtaine de commissions dédiées à ces thématiques, créant un réseau solide. Notre influence auprès de nos adhérents est forte. Et ils sont probablement plus matures sur ces sujets que le reste du marché. Par exemple, lors du salon Green Tech Forum, 90 % des exposants sont des adhérents de Numeum.
Autre exemple représentatif, nous travaillons activement pour que nos adhérents s’engagent dans l’initiative Planète Tech Care. Cette plateforme a pour mission de créer un réseau d’intérêts communs autour du numérique et de l’environnement et de mettre à la disposition d’acteurs engagés (entreprises ou acteurs de la formation) les moyens de réduire leur empreinte environnementale numérique.